A l'occasion de l'applicabilité de la loi de sauvegarde des entreprises, la Cour de cassation affirme que l'interdiction de gérer est une mesure d'intérêt public, prononcée par une juridiction non répressive (voy. l'arrêt).
Les anciens dirigeants d'une société en liquidation judiciaire ont été condamnés, pour ne pas avoir déclaré l'état de cessation des paiements dans le délai des quinze jours prévus par l'ancien article L. 625-5, 5° du Code de commerce, à supporter une partie de l'insuffisance d'actif et à une interdiction de diriger, de gérer , d'administrer ou de contrôler une entreprise commerciale, l'un pour une durée de sept ans et l'autre pour cinq ans. Ils se sont pourvus en cassation au motif que la loi de sauvegarde des entreprises « applicable immédiatement à la présente espèce », avait porté ce délai de déclaration à quarante-cinq jours.
La Cour de cassation rejette cette positon : « il résulte des articles 190 et 191 de la loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises que le chapitre III du titre V du livre VI du Code de commerce dans sa nouvelle rédaction, relatif à la faillite personnelle et aux autres mesures d'interdiction, à l'exception de ses article L. 653-7 et L. 653-11, n'est pas applicable aux procédures en cours au 1er janvier 2006 ». En l'espèce, la cour d'appel s'était donc valablement fondée sur les articles L. 625-5 et L. 625-8 du Code de commerce dans leur rédaction antérieure à la loi précitée pour prononcer l'interdiction de gérer.
Le pourvoi s'appuyait sur la rétroactivité de la loi pénale plus douce. En effet, la loi de sauvegarde des entreprises allonge le délai de déclaration de cessation des paiements de quinze à quarante-cinq jours et sanctionne cette non déclaration par une interdiction de gérer, et non plus par une faillite personnelle. Cet argument a été écarté par la chambre commerciale de la Cour de cassation qui rappelle dans cet arrêt que la cour d'appel "en tant que juridiction non répressive, a prononcé une mesure d'intérêt public », excluant par là même son caractère pénal.
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